dimanche 17 novembre 2013

Retour aux sources

Demain, dès l'aube, à l'heure où blanchit la campagne,
Je partirai. Vois-tu, je sais que...
Tu ne m'attends plus.

Il y a un an, trois mois et dix-huit jours, mon père mourait dans la chambre 423 d'un hôpital de campagne. Les jours qui ont suivi, je suis retournée le voir dans la chambre mortuaire. Et puis l'enterrement, le voyage, le boulot, mon beau-père, la boulangerie, l'IFAS... La vie continue, sans mon père et loin de cet hôpital.
Demain j'y retourne, en stage cette fois-ci. Je vais retrouver le grand parking toujours blindé, le hall d'entrée et ses fauteuils colorés, les couloirs qui n'en finissent pas. Les bruits, les odeurs, les impressions. Ce ne sera pas le même étage, pas le même service, pas les mêmes soignants, mais ce sera toujours moi et cet hôpital.
J'avoue avoir un peu peur de mes émotions. Et hâte de m'y confronter.
Dans cet hôpital est né mon désir d'être aide-soignante. Depuis, il y a eu une sacrée confrontation avec la réalité du métier. Désir et plaisir sont deux mots bien distincts.
Demain sera un retour aux sources. Pensez à moi!


jeudi 7 novembre 2013

Normale

Retour de stage un peu compliqué. J'ai pleuré (un peu), j'ai voulu renoncer (beaucoup), et j'ai parlé.
J'ai parlé avec mes camarades de promo, avec les formateurs, et avec le psy, en analyse de pratique.
À force de parler j'ai arrêté de pleurer, et arrêté de vouloir renoncer.
J'ai reçu des messages. Certains m'ont fait plaisir, d'autres m'ont fait bondir. Tous m'ont fait réfléchir.

Je n'ai pas la prétention d'être une élève au-dessus du lot. Je ne me pense pas comme étant une super auxiliaire de vie qui sera une super aide-soignante. Je ne suis pas une parfaite petite stagiaire qui voit et comprend tout en moins d'une semaine. Je ne suis rien de tout ça.

Je suis une élève normale, je pose des questions quand je ne comprends pas, je rame sur les cours d'anatomie, et je carbure au café toute la journée.
Je suis (j'étais?) une auxiliaire de vie normale, j'essayais de bien faire mon travail, d'être professionnelle, mais il m'arrivait de me tromper, de mal travailler, peut-être même d'être maltraitante sans m'en rendre compte.
Je suis une stagiaire normale. J'observe, j'essaie de comprendre, de faire, mais je ne suis pas sûre de moi, et ça me rend parfois maladroite.

Bref, je suis normale.

Ni meilleure ni pire que les autres. Ni une stagiaire imbue d'elle-même ni une espèce de petite conne prétentieuse qui se permet de juger sans connaître. Juste une stagiaire normale qui a cru voir des choses anormales et qui a voulu en parler pour voir comment était la normalité des autres.

Visiblement, nous n'avons pas tous la même.