dimanche 12 janvier 2014

Nulle!

Je crois que je me suis trompée.
Non, pardon, je suis sûre que je me suis trompée. Je suis pas faite pour l'école.
C'est pas que je ne veux plus être aide-soignante, c'est juste que... j'y arrive pas. J'écoute les cours, j'apprends, j'ai des notes correctes, je m'intègre dans la promo, mais en stage... ça marche pas. "Trop ceci, pas assez cela"... ou le contraire, je sais pas.
"Vous vous posez trop de questions", m'a gentiment dit ma tutrice. Ben en même temps, si je m'en pose pas maintenant, quand le ferai-je?
Si le médecin de ma mère n'avait pas mis son essoufflement et sa fatigue sur le compte de la dépression, aurait-on pu trouver son cancer des poumons plus tôt?
Si l'aide-soignante qui desservait les plateaux-repas avait écouté mon père il y a trois ans quand, hospitalisé pour une banale opération, il s'était plaint d'une gêne à la déglutition, serait-on passé à côté de son cancer de l'oesophage?
Si l'équipe soignante qui a pris mon beau-père en charge s'était posé quelques questions sur l'hygiène hospitalière, serait-il sorti avec une infection nosocomiale?
Si l'équipe éducative qui s'occupait d'Amélie n'avait pas concentré ses recherches uniquement sur ce qui allait mal, aurait-on pu éviter de la prendre pour une autiste?

Trois morts et une surdouée plus tard, n'aurait-il pas mieux valu se poser des questions?

Alors oui, il est sans doute possible d'avancer sans se poser de questions. De trouver normal ce qui nous entoure. Ben oui, c'est comme ça, et tout le monde a l'air d'accord, donc ça doit être bien. Non?
Je sais, c'est très prêchi-prêcha dit comme ça, j'ai l'air de me donner le bon rôle, forcément. Babeth la super auxi, Babeth la super maman, Babeth et ses super réflexions... Ben non, justement, non, mille fois non. Babeth n'est pas super. Ou alors si, super nulle. Nulle en stage et nulle à la maison. Nulle en équipe et nulle en famille.

Je sais pas être une bonne stagiaire.
Je sais pas être une bonne élève.
Je sais pas être une bonne maman.

J'ai envie de tout arrêter. Appuyer sur retour rapide. Retrouver mon père, mon beau-père, et mon boulot. Retrouver l'époque où poser des questions me faisait avancer. Retrouver le temps où je ne me sentais pas aussi complètement nulle.

La vie doit être tellement belle quand on la prend comme elle est!

13 commentaires:

  1. J'envie souvent les gens qui ne se posent aucune question. Parce qu'il y en a.
    Et puis d'autres fois, je me dis que de toute façon, dans ma tête, ça tourne trop, mais c'est peut-être une bonne chose. Se poser des questions, ça fait avancer, même si c'est pas toujours simple. Je préfère faire partie de ceux qui se posent trop de questions plutôt que de ceux qui acceptent tout,sans réfléchir.
    Bien sûr, c'est plus difficile, et surtout le système éducatif, quel que soit le stade, n'est pas fait pour que tu penses. Encaisser. Et attendre. Parce qu'il faut des "diplômes" pour prouver ses compétences. Avec un sésame, d'autres portes s'ouvrent.
    Courage. Continue de te poser des questions.
    Et t'es une bonne maman. N'en doute pas.

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  2. Salut! IDE depuis 5 ans, les stages restent mon + mauvais souvenir: s'integrer a une équipe en faisant le larbin sans que personne connaissent ton prenom a la fin.. tout les eleves sont passés par ces moments de découragements, et c'est normal, faut avancer apres etre tombée (j'ai meme redoublée..) Tu vas forcement tomber sur un stage super avec l' equipe qui va avec! Va au bout de ton année, trouve ta spé (y'en a tellement, une equipe qui t'appreciera a ta juste valeur et tu feras l'un des plus beau métier du monde, celui du prendre soin :)

    Alaskan1181

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  3. bonjour, j'étais infirmière, j'ai terminé cadre supérieur en hôpital, en retraite

    être aide soignante est exercer une profession bien définie dans les textes avec acquisition de compétences précises, vous connaissez cela, si ça vous conforte dans l'envie de devenir aide soignante c'est le principal point

    vous ne pouvez pas vous engager sur ce ressentiment et vous le comprenez, c'est ce frein qui vous barre

    si vous voulez exercer une fonction avec application et bonheur, vous serez un maillon précieux de la chaîne soignante

    et les choses changent d'elles mêmes quand les métiers de soins rassemblent des compétences et des valeurs solides, chaque maillon compte
    ces regrets qui vous perturbent laissez les, sinon vous ne pourrez pas participer à ce changement continu de la qualité des soins

    je peux mesurer les ascensions ! j'ai exercé 36 ans

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  4. Bon, bon bon bon... Que dire ? un licenciement pour faute grave après, je sais encore plus que c'est NOUS qui sommes dans le bon sens, même s'il nous faut une énergie que nous n'avons plus pour les faire s'interroger, avancer... améliorer leurs pratiques.
    Le secteur médico-soc' est en grande souffrance, immense souffrance. je viens de terminer un bouquin, et à la dernière ligne, j'ai pensé à toi, en me disant qu'il fallait que tu le lises. Ce soir, on va surseoir l'envoi, sourire, attendre des jours meilleurs.
    Je SAIS que TU es dans le vrai, je le sais. Et oui, j'aimerais VRAIMENT que le système se pose plus de questions, et notamment sur là où nous allons, et comment nous y allons. Dans le mur, c'est une évidence, et je crois que tout le monde le sait, mais que l'énormité des réformes à faire est telle, que personne n'en aura le courage.
    Alors ce soir, après trois heures passées au boulot, après avoir installé toute l'équipe parce que le tournage commence demain, je n'ai plus la frite, plus la foi, moi non plus, mais comme tu me le disais il n'y a pas si longtemps, si toi tu baisses les bras, ben alors il va nous rester quoi ? Que les taupes ???
    Noooooon, parce que demain c'est moi qui serai en EHPAD et je ne veux pas de ces soignants mal traitants qui ne s'en rendent même plus compte. JE NE VEUX PAS !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!
    Take care
    Je t'embrasse, fort !!!!

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  5. jaipasdeshampoing12 janvier 2014 à 11:49

    Je ne sais trop quoi te dire babeth..;
    je pense qu'il faut se poser des questions, remettre en question. mais jepense aussi qu'il y a des moments qui s 'y prettent plus que d'autres.je reste persuadée que tu finiras par tomber sur des soignants plus dans ton style, ou peut etre pas. c'est une sorte de bachotage, recrache les données qu'ils veulent. puis agit quand tu seras diplomee.
    a lire tout les deces qui t'on touchée, les dysfonctionnements du systeme de soins que tu as subit, c'est peut etre aussi trop tot pour toi, cette formation, cette fonction, non? c'est peut etre juste un probleme de timimng?

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  6. Courage Babeth, un petit pas après l'autre, et un jour ta formation sera finie et tu pourras plus être en accord avec toi-même
    Quant à être une bonne mère, rien que le fait de se poser des questions est une bonne idée ;)
    bon courage, encore ...

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  7. Bon, t'es pas nulle. POINT.
    Je crois que retourner dans un système d'apprentissage (surtout quand on passe par des endroits comme ton premier stage), reprendre des études, ça fait obligatoirement flancher la confiance en soi, à un moment... Enfin obligatoirement non, mais je te connais (et je fonctionne pareil). Comme tu te poses plein de questions (ce qui est très bien, ne change pas), tu sais te remettre en question (ce qui est bien aussi, ne change pas non plus), mais du coup quand on a tendance à se remettre BEAUCOUP en question (voir remarque plus haut, je te connais toussa), ben ça fait flancher.
    Ca va passer. Tu vas voir.
    Tu mènes beaucoup de choses de front, avec toute ta bonne volonté et ton caractère fonceur habituel....
    N'oublie pas le bonheur avec lequel tu avais commencé tout ça.
    Tu es tellement à la hauteur.
    Garde courage, on t'envoie des caisses de baisers, tu vas y arriver!!!!!!!!!
    (bientôt dans ta boîte aux lettres, ta charge calorique made in USA pour tenir le coup <3 )

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  8. Mais non.
    http://fr.wikipedia.org/wiki/Le_Vilain_Petit_Canard
    Bise mouillée

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  9. Non Babeth, tu n'es pas nulle. Se poser des questions ne rend nul personne. Vouloir se remettre en question, c'est au contraire très courageux, tout comme reprendre secondairement ses études.
    Cela les gêne peut-être justement parce que tu ne rentres pas dans leur moule, que tu n'acceptes pas tout dans ton stage.
    Ne change pas, reste une soignante qui se remet en cause.
    Ta formation est une étape indispensable pour après être plus libre d'agir selon ton éthique. Rentre les épaules et fonce !

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  10. Babeth, c'est justement parceque tu te poses toutes ces questions, que tu as tous ces doute, que tu seras une formidable AS, et que tu es déjà une formidable maman..
    Certaines personnes ne sont pas scolaires, ne rentrent pas dans les cases qu'on attend d'eux, pour autant ces personnes peuvent se révéler excellentes dans la pratiques quotidiennes..
    Crois en toi ! A défaut, nous le faisons pour toi !
    Mille bises, et accroche toi..

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  11. Salut Babeth !

    Bien qu'étant aide médico-psychologique (travaillant au quotidien avec des personnes handicapées) et non AS, je lis souvent ton blog. Parce que, finalement, nos métiers se ressemblent et se rejoignent par bien des côtés ; surtout, parce que j'apprécie ta sensibilité, ta poursuite d'une éthique professionnelle, ton empathie... Et tant d'autres choses encore !
    Alors oui, c'est un mauvais moment à passer, que celui de ta formation ; le travail trop scolaire, pénible, les stages parfois sans queue ni tête, les professionnels usés sensés te former (ou plutôt, te déformer ?), le stress des validations, notes diverses... C'est dur ! Cela fait beaucoup ; surtout, c'est difficile à concilier avec une vie privée. Il va te falloir du courage pour passer ce cap, je ne le sais que trop bien, et t'apporte en ce sens tout mon soutien.

    Mais je t'en prie, n'arrête pas de te poser des questions ! De te remettre en cause, de chercher tes erreurs, mais aussi de reconnaître tes qualités ! On ne se pose jamais trop de questions. A mon sens, si l'erreur est humaine, la négligence est maltraitante, elle est une faute grave. Parce que finalement, le coeur de nos métiers, n'est-ce pas le côté humain ? L'empathie, la solidarité ?
    Ces protocoles chronométrés ne sont au fond que outils et techniques, certes importants, mais qui ne devraient jamais prendre le pas sur le reste. Car si tout le monde est capable d'appliquer un protocole formel, ce sont tes qualités individuelles qui feront (et font déjà !) de toi une excellente professionnelle.

    Alors, n'abandonne pas. Continue, la fin de ta formation approche chaque jour un peu plus ; ton diplôme validera à la fois tes compétences formelles, mais aussi, et surtout, la sensibilité que tu as, ta vision du métier que tu as choisi. Le monde soignant a tellement besoin de gens comme toi ! Continue d'y croire et d'avancer, continue d'écrire, et surtout, ne te laisse pas démonter. Tu es, à mon humble avis, bien loin d'être nulle ! Ne t'en déplaise ;-)

    Je t'embrasse bien fort.

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  12. Les stages te retournent le cerveau. C'est comme ça, j'ai vécu la même chose pendant ma formation IDE. Observe, observe encore. Accroche toi à celles et ceux qui exercent comme tu conçois l'exercice de la profession. Et puis quand tu auras le bout de papier, tu feras selon tes valeurs.
    Serre les dents, c'est le jeu.
    Et à bientôt à Montélimar ;-)

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  13. tiens on dirait ce que j'ai pensé toute la nuit ... quasi mot pour mot, j'ai du mal à remonter la pente, est ce encore possible alors qu'ils parlent de m'arrêter le stage ?!

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