mercredi 16 juillet 2014

Confidences

Dernier stage. SSIAD. Horaires en coupe. J'ai profité de mon après-midi pour retourner à l'école. J'ai rendez-vous avec ma tutrice "pour faire le point". Mes collègues de promo sont déjà presque tous diplômés, et presque tous en poste. Moi, je suis encore en stage, et ne serai pas diplômée avant le mois d'octobre.  EAS décalée mais pas décalquée.
Ce dernier rendez-vous à l'école, j'avoue que je l'attends avec impatience, pour parler de l'année écoulée, de mon ressenti de formation, de stage, de future professionnelle. De mes projets aussi.
14h. Bureau de la formatrice. Dans ce bureau, j'ai beaucoup parlé, parfois pleuré. Dans ce bureau, une femme m'a beaucoup écoutée, parfois réconfortée. Dans ce bureau, il y a maintenant une formatrice et une presque ancienne élève, une infirmière et une presque aide-soignante. Des presque collègues finalement. On parle. Des cours, des stages, de la découverte des patients et des équipes. De l'empathie, du "prendre soin", des émotions. Je relate une histoire vécue en stage (faudra que je vous raconte, ça parle de barquettes en plastique, c'est drôle vous verrez), on enchaîne sur l'éthique, le regard, la volonté de ne pas s'habituer à ce qui nous choque (du coup faudra aussi que je vous parle de Cathy un jour, c'est pas drôle vous verrez). Quotidien et routine, éthique et déontologie... La discussion est enrichissante, j'aime cet échange, et c'est tout naturellement que je parle d'écriture quand nous abordons le délicat sujet des projets professionnels. Des projets, j'en ai plein, j'ai d'ailleurs repéré quelques formations sympathiques. Soins palliatifs, maladie d'Alzheimer, Humanitude, thérapie par médiation animale... Ce ne sont pas les sujets qui manquent! Mais, par-dessus tout, au milieu de tous ces domaines à explorer, l'écriture. Écrire, réfléchir, me poser des questions... accepter de ne pas toujours y trouver de réponses. Et partager. La tentation est grande de donner l'adresse de ce blog à ma tutrice. Parce que j'aime le regard qu'elle a sur les choses, parce que j'aime son humanité, parce que j'aime sa façon de parler du métier d'aide-soignante. Parce qu'écrire toute seule dans mon coin et fanfaronner sur les réseaux sociaux, c'est facile, mais me confronter au métier et au regard de mes pairs, c'est une autre paire de manches (courtes, les manches, bien sûr).
Je suis vraiment tentée de tout "avouer"... mais je me retiens. Peur, moi? Oui, un peu. Peur d'avoir fauté, peur d'être réprimandée. Alors j'évoque juste un projet de livre, comme ça, pour voir, un jour peut-être. Moitié sérieuse, moitié rieuse. Mais pas du tout menteuse, ça c'est sûr! Et je promets, une fois la formation vraiment finie, de lui en amener quelques pages... Mais en élève prudente que je suis, j'attendrai d'avoir le diplôme en poche. Pas folle Babeth!

3 commentaires:

  1. Votre blog est déja bien accessible pour qui s'intéresse à ces questions. Peut-être vaut-il mieux attendre que la rencontre se fasse par hasard ?
    Ou communiquer l'adresse lorsque vos relations seront vraiment débarrassées de ce côté "élève-enseignant".
    Je me souviens d'une page qui avait fait le tour du personnel de l'établissement que je décrivais, en toute honnêteté me semblait-il.
    Chacun l'avait lue à sa manière, et très vite. c'était tout de même gênant. Pourtant,il n'y avait rien de personnel, mais l'écriture vous livre toujours. Et parfois plus qu'on ne le voudrait, surtout sur le net.

    Après ces mois de richesses et pauvretés du travail en équipe, le Ssiad vous ramène à l'intimité et à l'autonomie. Super boulot qui vous permettra de choisir ainsi, selon vos attentes, un secteur ou l'autre !!

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  2. tu as de vrais talents pour écrire en tous cas, tes récits sont passionants ! courage pour la suite ça va le faire c'est sur!!!!

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  3. Nous attendons vos résultats, alors "diplômée d'état" ?

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