mardi 24 février 2015

Mon cerveau et moi #1

Que voyez-vous à droite?
Un masque.
À quoi pensez-vous en le regardant?
À Venise sans doute. Et à son célèbre carnaval. Peut-être pensez-vous que ça pourrait être une belle destination de voyage (je confirme, ça l'est). Peut-être même avez-vous une fugace pensée pour les masques que vous faisiez, enfant, pour le carnaval de l'école? Peut-être.
Moi, je vois un maque. Et tout de suite après, sans que je sache pourquoi, je pense à un autre masque, nettement plus terrifiant : celui que porte Hannibal Lecter dans "Le silence des agneaux".
Ouais, c'est déjà moins romantique, je sais.
Et tout de suite après je pense au film "Hannibal Lecter : les origines du mal", et à ce choix que doivent faire les soldats : qui du frère ou de la soeur vont-ils manger?
Et tout de suite après je pense à un film, "Le choix de Sophie", dans lequel une jeune femme doit décider lequel de ses enfants sacrifier. Et tout en écrivant ces lignes je vérifie le titre et me rends compte qu'il est tiré du roman éponyme de William Styron, livre que je n'ai pas lu et que j'ai maintenant très envie de lire, là tout de suite maintenant.
Et tout en me disant qu'il faut absolument que je lise ce livre je pense à mes enfants et je me demande lequel des deux je choisirais si je ne devais en garder qu'un. Et cette question me serre les tripes et me met profondément mal à l'aise. Et tout en me posant cette atroce question je me dis qu'il n'est pas de pire cruauté que de devoir faire ce choix. Et tout en me faisant cette réflexion je pense à toutes ces personnes âgées qui ont connu la guerre et qui sont notre mémoire, mais plus pour longtemps. Et tout en pensant à elles je me souviens de ma grand-mère qui n'est plus là pour en parler. Et forcément, je pense à mon père. Et à sa veuve. Et juste après, je pense à ma mère, et je me demande s'il est possible de comparer les chagrins éprouvés pour chaque deuil.
Tout ça, dans ma tête, ça se passe en moins d'une minute. Ma pensée saute d'un mot à l'autre, rebondit sur une image et atterrit dans une flaque de sensations. C'est tout le temps comme ça. Tout le temps. Et c'est fatigant. Parce qu'au départ, souvenez-vous, il y avait juste une image. Une simple image. Un masque, rien de plus.
Une minute après, mon cerveau bout, les émotions sont catapultées dans tous les sens et je suis au bord de l'apoplexie car je n'arrive plus à faire le tri.
Et bien dans ma tête, c'est comme ça tous les jours. C'est le bordel intégral et je fais avec. Pas le choix.
Bon, je vous laisse, faut que j'aille acheter le roman de Styron... et retrouver une photo de ma grand-mère... et aller m'attendrir en regardant mon fils qui dort paisiblement... et imprimer des modèles de masques à colorier pour les enfants... et...

PS : la prochaine fois je vous parlerai des mots qui s'écrivent dans ma tête... et je vous expliquerai pourquoi 16 c'est mieux que 17.

4 commentaires:

  1. Ouah, ouah, ouah, on se calme.

    Belle démonstration que notre mental n'est pas toujours notre meilleur ami.
    Comment se fait-il qu'une fiction, que quelque chose qui n'existe pas ( avoir à choisir entre ses deux enfants) puisse provoquer un tel malaise?
    Parce que notre mental nous fait prendre la fiction pour le réel.
    Il suffit pour calmer cela de revenir au réel , au moment présent .
    Comment ? en respirant , en regardant dehors la nature, un oiseau sur une branche .
    Cela est réel .
    Comment se fait-il que des fictions, des choses qui n'existent pas et n'existeront sans doute jamais , puissent nous mettre dans un tel état ?
    Parce que notre mental est puissant et pas toujours contrôlable.
    Et pourtant c'est possiblede le contrôler.
    Au lieu de lire le livre de Styron, je te conseille de lire plutôt le livre d' Eckhart TOLLE : la puissance du moment présent.

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  2. En effet après lecture de ce billet ton commentaire me semble tout de suite très clair ;-)

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  3. J'ai lu tes billets #1 et #2. Tu nous parleras des mots qui s'écrivent dans ta ta tête dans le #3? :) ça m'intéresse!

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  4. Zèbre, Zèbre, Zèbre. Désolé de pourir votre blog avec mes commentaires, tous fait le même jour. Mais ce type de pensée en cascade, avec pas mal d'inquiétude dedans, je l'ai croisé chez des collègues à rayures, qui ne peuvent s'empêcher de venir à penser à des choses lugubres, même en partant d'une image sympathique (et oui, Venise, c'est magnifique. Surtout si on y arrive par le train de nuit depuis Paris : levé du jour sur la Serrenissime vu depuis le train, au moment du réveil. Nickel et hyper romantique ;-) )

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