mercredi 29 juillet 2015

Et si on rêvait?

Hier soir, j'étais d'humeur rêveuse et j'essayais d'imaginer à quoi ressemblerait le lieu de vie idéal pour des personnes âgées désorientées. Dans mon idée, c'est une petite unité de vie, la moins médicalisée possible... Un peu comme à la maison en fait. Comme je n'avais pas envie de rêver toute seule, j'ai posé la question en quelques tweets, et je me suis régalée des réponses. Une petite synthèse de ces dernières, collectées via Twitter et Facebook.

Merci à Æthel Alouette, Agrume, amdsrs, Anne-Sophie Pascal, Aude_Vie, berthelage marion, Chat qui vomit, Christine Maynié, Claire, Delphine, Doc Arnica, Ewind, FloZ, Gildas Ribot, Gné?, gwenaelandre, Hécate, iClemB, JeSuisAidant, kat et ses amis aidants, Kheenoa, La bonne fée, la_farfa, Labo Marjolaine, Lara_Cockcroft, Laurent Copin, lenatrad, Lune, Marc Lesage, Natie, Ninoche, Olivier Lartigaud, SansTrema, Sonia Cheniouni, soso, pour leurs suggestions et témoignages,

à Knackie et Un Druide pour leurs réponses... décalées, 

et à aton aha pour sa vision des choses pour le moins pragmatique!

Et maintenant, rêvons un peu! 


Questions

Si vous deviez placer votre parent âgé désorienté en petite unité de vie (moins de dix résidents), comment serait la structure idéale?
Côté vie quotidienne, vous verriez ça comment? (Repas, animations, sorties...)
Sachant que l'équipe sera composée d'auxiliaires de vie, quelles seraient selon vous les formations complémentaires idéales à proposer? 


Réponses

1) L'unité de vie 

Propre ( ce qui est déjà pas mal ..), pas trop loin de chez moi, avec un médecin régulièrement sur place, et de l'encadrement.

Animée : j'irais sur place à des heures étranges voir si il y a du monde dans les couloirs. + Encadrement en personnel médical

Une grande maison en colocation avec des auxiliaires de vie et un jardin.
Si je devenais dépendante j'aimerais que ce soit dans un truc comme ça. Pas dans une famille. J'aimerais avoir le choix des auxiliaires et des autres colocs.

Avec des gens compétents et surtout que les résidents ne soient pas que des numéros, de l'argent sur pattes...

Ce qu’on a apprécié pour ma grand-mère : toujours les mêmes soignants, qui la connaissaient, et nous aussi, une chambre individuelle personnalisée avec les photos de famille, une cuisine propre à l’unité, où les résidents faisaient la cuisine avec les soignants qui mangeaient avec eux. Le petit truc qui change, mais important à mes yeux, le prénom sur la porte de la chambre, avec la photo de chacun sur la porte. Après, dans la prise en charge, j’ai apprécié de ne jamais voir quelqu’un levé de force, à la fin ma grand-mère dormait toute la matinée, on respectait ce rythme, on adaptait le fauteuil à sa capacité à se tenir droite, on y trouvait des journaux, des photos de la vie de l’unité sur les murs, etc. Et de quoi écouter de la musique dans chaque chambre (pour ceux qui ne sont pas sourds), ça apaise la musique.

Un salon qui fasse vrai salon et pas une pièce où tous les résidents sont assis en rond sur des chaises à attendre...
Un tableau à l'entrée de la chambre où la famille peut noter quand elle est passée et quand elle repassera pour que les soignants sollicitent la mémoire des résidents grâce à ces infos ("vous avez vu votre fille hier, ça s'est bien passé?" / "vous vous souvenez que votre petit-fils doit passer ce week-end?" etc.) juste dans la conversation, comme ça.
Dans la chambre de ma grand-tante (qui est dans ce genre d'unité), son fils avait collé une feuille au mur pour dire qu'il reviendrait entre telle et telle date. J'ai trouvé que ça pourrait être généralisé et approfondi comme idée.
De la musique en fond dans la salle commune. Et des revues et beaux livres avec images à feuilleter. Pour ne pas être inactifs.

En accueil familial, plus humain...

Bienveillante, familiale, gaie, colorée, participation des résidents aux tâches selon possibilités. À taille humaine.

Où les résidents puissent s'occuper du jardin. Et un chien.

Moi j'aimerais bien une petite serre où faire pousser des graines, avec des bacs rehaussés. Avec des grosses mèmères poules bien tranquilles comme les Orpington. Et des plants de verveine pour les tisanes du soir.

Humaine, bienveillante, donc déjà un bon ratio soignants/résidents. Je vois pas trop quoi dire d'autre mais j'y connais rien. Ah oui! Des animaux autant que possible! (à voir si pas de problème de résidents allergiques aussi), des ateliers chouettes (cuisine, autres...), des rencontres intergénérationnelles avec crèche et école du coin. D'ailleurs ça serait une bonne idée une structure qui prévoit des "questionnaires de satisfaction" pour savoir les souhaits des gens je vote pour! (et un petit poulailler!!!)

Comme une maison avec des espaces privatifs et partagés et un jardin. Et  des soignants nombreux et bienveillants (et des animaux si possible).

Animée (pas des activités de maternelle par pitié), colorée, accueillante (les gens en rangs d'oignons c'est pas possible) et pleine de vie.

Un lieu où on ne "drogue" pas les résidents, où la liberté, la pudeur et l'intimité sont respectées.

Une bonne gestion des ressources humaines : formation, salaire et pour mes parents, idéalement, que j'en sois le patron.
Une architecture réfléchie. Pour une personne désorientée, "la maison" représente un endroit confortable et rassurant, pas spécialement la maison qu'elle a connue.

Des matelas par terre, des couloirs en boucle, la liberté de gigotage.

Bonne question. Je crois que je ne placerais pas si j'ai la santé, l'environnement et les moyens je m'en occupe. 


Pas loin de chez moi, très encadré, personnel très formé et communicatif avec la famille. Et respectueux avec la personne âgée.

Avec du personnel en nombre suffisant pour par exemple emmener aux toilettes les résidents à la demande et pas quand c'est l'heure.Lla cuisine préparée sur place, les résidents pourraient aider.
Organiser des veillées le soir avec musique, chants, avec une conteuse d'histoires ou bien chacun raconte une anecdote personnelle.

Jardin avec une multitude de fleurs . Un beau médecin . Des infirmières souriantes. Des auxiliaires de vie rigolotes. Chambre individuelle.

Jardin avec potager et poules, bancs, tables de pique-nique et jeux pour les familles en visite. Dans le patio de la maison de retraite de ma grand-mère il y avait une cabane, un toboggan, c'était cool. Les baies vitrées du hall et de la salle à manger donnent sur ce patio fleuri et arboré. Sur le mur du fond, une fresque, dont les personnages ont le visage des résidents.

Je dirais faire attention aux horaires de repas parce que parfois ils sont très tôt (comme à l'hôpital).

Avec du personnel formé ! (Je leur parlerai de Naomi Feil, promis!)

Les CANTOU (Centre d'Animation Naturel Tiré d'Occupations Utiles) sont pas mal...

Une cuisine où les familles peuvent venir cuisiner pour événement à partager (anniversaire...) sur "réservation".

Un endroit où on ne parlerait pas comme des débiles aux résidents déjà pour commencer donc bien penser aux formations sur la communication verbale et non verbale (adaptée bien sur). Sur le savoir-être donc.

La structure idéale n'existe pas mis à part pour les " gens " friqués pour l'instant nous faisons tout notre possible pour le maintien.
Si je peux me permettre à presque 60 printemps et 15 ans d'expérience l'utopie oublie l'atterrissage sera beaucoup moins difficile. (Il faut viser les étoiles pour atteindre la lune!)

Douce, calme, douillette, pastel, digne. Pour une fin de vie comme on rêve l'arrivée d'un nouveau-né.


Ateliers partagés avec les enfants des écoles, ALSH (Accueils de Loisirs Sans Hébergement)... Mon fils est allé en unité Alzheimer avec l'école, c'était top pour tous. 

Celles dans lesquelles j'ai bossé sont bien. Claires, des chambres privatives avec objets personnels, regroupées (en rond souvent) autour des/de la pièce(s) commune(s), cuisine sur place, tables, salon, et un jardin clôturé, des animaux (aquarium, chat, lapin), des plantes, du jardinage, un potager.

Le dîner vers 19h c'est bien. Petit déjeuner entre 7h et 9h selon l'heure du lever, à la demande.

Nous on a un accueil de jour de 9h à 17h qui propose des activités relatives à la mémoire (date du jour , lecture de presse, repas thérapeutiques, jeux ou balade et gestes de la vie quotidienne). Ça se passe bien même s'il faut gérer les crises d'angoisse et les refus et s'adapter... Un peu lourd psychologiquement mais avec une bonne équipe ça se passe bien! On a une ASG (Assistant de Soins en Gérontologie), une ex-animatrice d'enfants et deux ex-aides-soignantes d'un SSIAD (Services de Soins Infirmiers À Domicile). 

Un truc genre "pension de famille" !

Pour l'avoir vécu il y a 3 mois, la structure que j'avais trouvée pour pépé était juste parfaite. À proximité de notre quartier, des locaux neufs, spacieux, propres, belle déco, clim, bon repas + vin + fromage et dessert + goûter sucré tous les jours, zoothérapie, musique, et beaucoup d'aides-soignantes et infirmières (femmes), jardin et terrasse ensoleillée. Cette structure était juste parfaite. Pépé se croyait dans un palace. Le top du top serait qu'il y ait plus de personnel pour par exemple regarder un DVD avec la personne dans sa chambre, ou regarder leur collection (timbres, pièces....) ou leurs photos.
J'ai adoré voir les mémés se faire chouchouter en salle de vie - les aides-soignantes leur mettaient du vernis à ongles - elles étaient ravies.

Pour ma part c'est ce que je souhaiterais si un jour je devais placer maman. Mais ce que je regarderais aussi c'est les professionnels autour, car on peut avoir un bon environnement mais avec des professionnels juste professionnels. Si ils sont comme Babeth aucun souci j'y vais les yeux fermés (merci merci merci!!!). C'est un métier difficile je le conçois, mais je pense que c'est avant tout un métier que l'on doit choisir avec le coeur et non pour avoir un métier. Je rajouterais que les professionnels ne soient pas habillés en tenue réglementaire, en civil pourquoi pas, ou une tenue qui passe mieux.

En ce cas s'ils ne sont que huit avec du personnel suffisant les faire participer pour faire les repas, les faire participer à la vie de la maison, décoration pour les fêtes, décoration extérieure, fleurs, etc. Emmener quelques petites choses de leur vie d'avant pour pas qu'ils soient complètement perdus, un coin jardin comme l'accueil de jour veut faire où est maman, mais en hauteur pour pas qu'ils se baissent. Des repas de temps en temps avec la famille. Et puis pourquoi pas une pièce cinéma, des dimanches musette, des poules, un chien ou un chat (difficile si il y a des allergies) dans la maison, des ateliers fabrication, peinture, musique, continuer à les faire vivre et voir qu'ils ont encore des choses à donner. 

Quel beau projet que celui de Babeth, qu'il aboutisse! (merci!)

La vie familiale, je pense que c'est une belle idée ! Un endroit à taille humaine où la priorité est le bien-être des personnes. On les sait en sécurité, dans un environnement serein, où ils n'ont pas le sentiment d'être abandonnés, où l'on vit... Les personnes âgées ont besoin qu'on répondent à leur besoin fondamentaux, les besoins physiologiques, manger convenablement, pas ces trucs infectes provenant de cuisines centrales, des soins de toilette pendant lesquels on ne traite pas la personne comme un bout de viande en discutant le bout de gras avec la copine, ignorant l'être humain que l'on manipule. Une chambre qui ne soit pas impersonnelle, mais décorée des souvenirs qui tiennent à coeur de la personne personne. Qu'on parle avec naturel aux personnes, pas en les prenant pour des demeurés ou des être inférieurs.... Que les personnes sentent qu'elles appartiennent à une sorte de famille ou de communauté. Qu'elle puisse se sentir accueillies avec coeur et pas juste pour les revenus que ça procure. Et si c'est possible, essayer de les faire participer à la vie de la maison, aider à l'élaboration des repas, jardiner, dessiner ou lire, discuter... Qu'elles ne soient pas juste déposées devant la télé. Les anciens ont tant à nous transmettre...

Ça me rappelle que dans la maison de retraite de pépé, tous les jeudis midi (par temps de soleil) il y avait barbecue dans le jardin, et un après-midi par semaine crêpe-party. C'est juste génial. Il y avait aussi des jardinières sur pied afin que les résidents puissent planter des légumes.
Encore une chose géniale, quand pépé était d'accord il participait (tous les matins après la toilette) à la lecture du journal et cela était suivi de débat sur un thème marquant. Ça leur permet encore de s'intéresser à l'actualité et surtout de donner leur avis.  

Avec une médiathèque d'audiobooks (nouvelles, poèmes...).


2) Les formations indispensables

Les formations en communication type relation d'aide, CNV (Communication Non Violente), etc. Assez utile à mon avis!

Formation en Humanitude, celle de Gineste-Marescotti, c'est la seule que je connais.

Formation en soins palliatifs / accompagnement fin de vie / accompagnement type Alzheimer / Parkison. 

Simplement une formation sur le bien vivre ensemble.

Musicothérapie par exemple? 

Une formation gériatrie me semble essentielle mais surtout gestion d'agressivité et de conflit, et bien sur Alzheimer et pathologies associées ne pas oublier que la maladie Alzheimer est difficile à déceler au début.


Et voilà, maintenant... Yapuka! 

Edit : La bonne fée vient de laisser des commentaires que j'aime tellement que je les recopie directement dans le billet : 

J'aime beaucoup ce billet ! De nombreuses bonnes idées, les participants feraient d'excellents ministres de la santé ^_^"

Je reviens sur quelques points :

1) Les matelas au sol, c'est un excellent moyen d'éviter les chutes SANS recourir à des moyens de contention (sangles etc), ce qui est hélas trop souvent le cas dans les unités pour personnes âgées désorientées. J'avais déjà vu ça dans un documentaire, c'est le moyen qu'utilisait justement un service hospitalier pour gérer les patients plus "humainement".

Il faut évidemment l'accord du patient (qui a entièrement le droit de préférer un lit, rappelons-le), et que son état de santé le permette (par exemple s'il doit se lever très souvent pour aller aux toilettes la nuit, c'est plus simple de se lever depuis un lit que depuis le sol).

Outre ces réserves disons "normales" et justifiées, l'obstacle majeur à une plus large utilisation de la méthode, pourtant simple, du matelas par terre est : le refus des soignants.. qui ne veulent pas être obligés de se baisser pour accéder au patient ou l'aider à se lever. Là en revanche, ça m'énerve..

2) "que les professionnels ne soient pas habillés en tenue réglementaire"
C'est un peu la fausse bonne idée ^^" Disons qu'il y a des avantages et inconvénients.

L'avantage, c'est de "démédicaliser" la structure, de rendre le contact et la vie quotidienne plus "naturels", plus familiers, comme à l'extérieur - où peu de personnes il est vrai se promènent en blouse blanche ou en uniforme ^^"

L'inconvénient, et il pèse tout de même son poids.., c'est que ça rend plus difficile l'IDENTIFICATION du personnel par les résidents ; n'oublions pas que nous parlons ici d'une structure de vie pour personnes âgées désorientées, et que plus que d'autres elles ont besoin de savoir à qui adresser leurs demandes, voire angoisses.  



3) Animaux et allergies

Les allergies sont souvent citées pour refuser la présence d'animaux sur les lieux de vie. Le plus simple est alors d'opter pour des animaux qui "s'observent", avec lesquels les résidents ne seront pas ou peu en contact direct : poissons, poules..
Certains établissements ont des cages à oiseaux ou des volières ; je ne les recommande pas, car pour en avoir discuté avec plusieurs personnes âgées, une fois passés les premiers jours "oh le joli zozio !" beaucoup trouvent finalement déprimant le spectacle d'un animal en cage. Je suppose que lorsqu'on est en fin de vie, "enfermé" loin des siens - fusse dans une "cage dorée" ;) - les oiseaux en cage font écho à ce vécu difficile.

Alors bon.. les animaux "qui s'observent" c'est déjà bien, mais on perd tout de même tous les bénéfices - et ils sont nombreux - du contact direct, des interactions.. et donc, un chien ou un chat en plus c'est très bien aussi :D
(soyez gentil de veiller à ce que le chien ne bouffe pas les poules, ni le chat les poissons - d'avance merci ^^")

Et les allergies alors ?
D'une part, elles ne sont pas si répandues que ça non plus. Sur une structure accueillant une dizaine de résidents, peu probable que tous, ou même les 3/4, ou même la moitié, soient allergiques. Il reste donc peu de résidents que ce problème concerne, c'est donc environ gérable pour les équipes soignantes.

D'autre part, le choc anaphylactique est rare (mais à ne pas oublier non plus) ; les allergies ont tout de même assez souvent un expression "bénigne" : nez qui coule, yeux qui pleurent, démangeaisons.. Ces manifestations allergiques peuvent être traitées avec des corticoïdes, ou des antihistaminiques.

À noter : de nombreuses personnes âgées expriment le souhait de pouvoir emmener avec elles leur propre animal domestique. C'est refusé quasi-systématiquement. Mais surtout ces refus sont trop "automatiques" ; s'il est vrai que TOUS les animaux domestiques ne peuvent cohabiter paisiblement avec des congénères, voire avec d'autres espèces, ou même s'acclimater à ce nouveau lieu de vie, beaucoup d'animaux le peuvent aussi.

Puisqu'il est permis de rêver - c'est après tout le sujet de ton billet ;) - dans ma structure de vie idéale pour personnes âgées - a fortiori désorientées - je minimiserais autant que faire se peut les pertes de repères et liens affectifs que représente l'animal domestique, et à défaut de toujours réussir AU MOINS J'ESSAIERAIS d'accueillir ces personnes avec leur animal. Voire leurs animaux ^^" ("Oui ici on a 10 résidents, 3 chevaux, 52 perroquets, 32 lapins nains, un couple de girafes.." XD)

ET NON C'EST PAS IMPOSSIBLE, j'ai connu un camping qui acceptait "les animaux" - en général - de sorte que dans les allées on trouvait des chiens, des chats, des cages à lapin, à oiseaux, des hamsters.. ^^" et ça se passait bien. Une sorte d'intelligence et responsabilité collectives de la part des différents propriétaires d'animaux faisait que tout ce petit monde n'a pas donné lieu à un chaos sans nom mais à une expérience amusante, et réussie.

4) "lecture du journal et cela était suivi de débat sur un thème marquant. Ça leur permet encore de s'intéresser à l'actualité et surtout de donner leur avis"
Très bonne idée ! C'est ce qui existait déjà naturellement dans nos villages (et a quasiment disparu, malheureusement), ces "lectures collectives" au café ou au lavoir..

D'ailleurs la pratique n'a pas totalement disparu, il m'est arrivé d'y assister au beau milieu.. d'une cité HLM. Et ça restera dans ma mémoire une expérience unique, pleine de surprise et de tendresse. Notamment parce qu'elle mettait en scène des personnes d'ordinaire assimilées à "de la racaille".
Un après-midi d'été, j'ai vu une petite assemblée de vieux assis sur des bancs publics, au pied de leur immeuble dans une cité. Auprès d'eux, des jeunes, dont l'un - un dealer du quartier - était debout et semblait parler à voix haute. Un peu interloquée, je demande à un des jeunes ce qui se passe : "Ben les vieux ils y voient plus bien alors on leur lit le journal" ^^"

Alors ouiiiiiiiii "oh la la les dealers c'est pas bien", je ne suis pas en train de plaider pour le remplacement des auxiliaires de vie par des dealers de cité, évidemment. C'est juste l'incongruité de la situation qui était merveilleuse. Le décalage entre les horreurs qu'on peut lire dans les journaux ou voir à la télévision dans les reportages à sensation, ou même vivre soi-même - certains quartiers sont invivables.., et ce moment de simple convivialité, d'humanité, d'égards de ces jeunes pour "les anciens". Une petite bulle de bonheur qui éclatait, là où on s'y attendait le moins. J'aime ces bulles :)


4 commentaires:

  1. Je me dis que j'ai travaillé dans un service au top où l'on pouvait trouver un peu de chaque idée que je viens de lire: du petit déjeuner à la demande au chien, du tableau d'orientation au jardinet surélevé, des soignants en civil au échanges personnalisés, des échanges inter générationnels à la famille intégrée à la prise en charge........... Mais, par-desus tout une équipe motivée, bien formée, bienveillante et respectueuse des besoins et désirs de chacun: voilà LES VRAIS TRESORS de cette unité de long séjour!!!!!!!!!!!!!!!
    Danielle

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  2. J'aime beaucoup ce billet ! De nombreuses bonnes idées, les participants feraient d'excellents ministres de la santé ^_^"

    Je reviens sur quelques points :

    1) Les matelas au sol, c'est un excellent moyen d'éviter les chutes SANS recourir à des moyens de contention (sangles etc), ce qui est hélas trop souvent le cas dans les unités pour personnes âgées désorientées. J'avais déjà vu ça dans un documentaire, c'est le moyen qu'utilisait justement un service hospitalier pour gérer les patients plus "humainement".

    Il faut évidemment l'accord du patient (qui a entièrement le droit de préférer un lit, rappelons-le), et que son état de santé le permette (par exemple s'il doit se lever très souvent pour aller aux toilettes la nuit, c'est plus simple de se lever depuis un lit que depuis le sol).

    Outre ces réserves disons "normales" et justifiées, l'obstacle majeur à une plus large utilisation de la méthode, pourtant simple, du matelas par terre est : le refus des soignants.. qui ne veulent pas être obligés de se baisser pour accéder au patient ou l'aider à se lever. Là en revanche, ça m'énerve..

    2) "que les professionnels ne soient pas habillés en tenue réglementaire"
    C'est un peu la fausse bonne idée ^^" Disons qu'il y a des avantages et inconvénients.

    L'avantage, c'est de "démédicaliser" la structure, de rendre le contact et la vie quotidienne plus "naturels", plus familiers, comme à l'extérieur - où peu de personnes il est vrai se promènent en blouse blanche ou en uniforme ^^"

    L'inconvénient, et il pèse tout de même son poids.., c'est que ça rend plus difficile l'IDENTIFICATION du personnel par les résidents ; n'oublions pas que nous parlons ici d'une structure de vie pour personnes âgées désorientées, et que plus que d'autres elles ont besoin de savoir à qui adresser leurs demandes, voire angoisses.

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  3. (suite)

    3) Animaux et allergies

    Les allergies sont souvent citées pour refuser la présence d'animaux sur les lieux de vie. Le plus simple est alors d'opter pour des animaux qui "s'observent", avec lesquels les résidents ne seront pas ou peu en contact direct : poissons, poules..
    Certains établissements ont des cages à oiseaux ou des volières ; je ne les recommande pas, car pour en avoir discuté avec plusieurs personnes âgées, une fois passés les premiers jours "oh le joli zozio !" beaucoup trouvent finalement déprimant le spectacle d'un animal en cage. Je suppose que lorsqu'on est en fin de vie, "enfermé" loin des siens - fusse dans une "cage dorée" ;) - les oiseaux en cage font écho à ce vécu difficile.

    Alors bon.. les animaux "qui s'observent" c'est déjà bien, mais on perd tout de même tous les bénéfices - et ils sont nombreux - du contact direct, des interactions.. et donc, un chien ou un chat en plus c'est très bien aussi :D
    (soyez gentil de veiller à ce que le chien ne bouffe pas les poules, ni le chat les poissons - d'avance merci ^^")

    Et les allergies alors ?
    D'une part, elles ne sont pas si répandues que ça non plus. Sur une structure accueillant une dizaine de résidents, peu probable que tous, ou même les 3/4, ou même la moitié, soient allergiques. Il reste donc peu de résidents que ce problème concerne, c'est donc environ gérable pour les équipes soignantes.

    D'autre part, le choc anaphylactique est rare (mais à ne pas oublier non plus) ; les allergies ont tout de même assez souvent un expression "bénigne" : nez qui coule, yeux qui pleurent, démangeaisons.. Ces manifestations allergiques peuvent être traitées avec des corticoïdes, ou des antihistaminiques.

    À noter : de nombreuses personnes âgées expriment le souhait de pouvoir emmener avec elles leur propre animal domestique. C'est refusé quasi-systématiquement. Mais surtout ces refus sont trop "automatiques" ; s'il est vrai que TOUS les animaux domestiques ne peuvent cohabiter paisiblement avec des congénères, voire avec d'autres espèces, ou même s'acclimater à ce nouveau lieu de vie, beaucoup d'animaux le peuvent aussi.

    Puisqu'il est permis de rêver - c'est après tout le sujet de ton billet ;) - dans ma structure de vie idéale pour personnes âgées - a fortiori désorientées - je minimiserais autant que faire se peut les pertes de repères et liens affectifs que représente l'animal domestique, et à défaut de toujours réussir AU MOINS J'ESSAIERAIS d'accueillir ces personnes avec leur animal. Voire leurs animaux ^^" ("Oui ici on a 10 résidents, 3 chevaux, 52 perroquets, 32 lapins nains, un couple de girafes.." XD)

    ET NON C'EST PAS IMPOSSIBLE, j'ai connu un camping qui acceptait "les animaux" - en général - de sorte que dans les allées on trouvait des chiens, des chats, des cages à lapin, à oiseaux, des hamsters.. ^^" et ça se passait bien. Une sorte d'intelligence et responsabilité collectives de la part des différents propriétaires d'animaux faisait que tout ce petit monde n'a pas donné lieu à un chaos sans nom mais à une expérience amusante, et réussie.

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  4. (fin)
    4) "lecture du journal et cela était suivi de débat sur un thème marquant. Ça leur permet encore de s'intéresser à l'actualité et surtout de donner leur avis"
    Très bonne idée ! C'est ce qui existait déjà naturellement dans nos villages (et a quasiment disparu, malheureusement), ces "lectures collectives" au café ou au lavoir..

    D'ailleurs la pratique n'a pas totalement disparu, il m'est arrivé d'y assister au beau milieu.. d'une cité HLM. Et ça restera dans ma mémoire une expérience unique, pleine de surprise et de tendresse. Notamment parce qu'elle mettait en scène des personnes d'ordinaire assimilées à "de la racaille".
    Un après-midi d'été, j'ai vu une petite assemblée de vieux assis sur des bancs publics, au pied de leur immeuble dans une cité. Auprès d'eux, des jeunes, dont l'un - un dealer du quartier - était debout et semblait parler à voix haute. Un peu interloquée, je demande à un des jeunes ce qui se passe : "Ben les vieux ils y voient plus bien alors on leur lit le journal" ^^"

    Alors ouiiiiiiiii "oh la la les dealers c'est pas bien", je ne suis pas en train de plaider pour le remplacement des auxiliaires de vie par des dealers de cité, évidemment. C'est juste l'incongruité de la situation qui était merveilleuse. Le décalage entre les horreurs qu'on peut lire dans les journaux ou voir à la télévision dans les reportages à sensation, ou même vivre soi-même - certains quartiers sont invivables.., et ce moment de simple convivialité, d'humanité, d'égards de ces jeunes pour "les anciens". Une petite bulle de bonheur qui éclatait, là où on s'y attendait le moins. J'aime ces bulles :)

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