jeudi 10 décembre 2015

Mon cerveau et moi #2

Vous vous souvenez de ce billet? Je m'étais dit que j'écrirais la suite assez vite, et puis le boulot, le chômage, le boulot, le bientôt chômage... et j'ai un peu oublié. Bon, maintenant que j'ai du temps libre, et si je reprenais?
Donc, mon cerveau... ce boulet!
Quand j'étais petite, je voulais toujours être la meilleure. Et être la meilleure signifiait avoir 20/20. 18 à la limite. Ou 16 à l'extrême limite. Mais pas 17. Ni 19. Je préférais même avoir 16 que 17. Parce que 16, c'est un chiffre pair, donc parfait. Alors que 17, c'est impair... donc imparfait. Logique (enfin pour moi).
Quand j'étais petite, je corrigeais les fautes d'orthographe de tout le monde. Ainsi que les fautes de syntaxe. Et je m'arrachais les cheveux sur les dictées car il fallait à tout prix que j'aie 20/20. Question d'honneur.
Quand j'étais petite je lisais les notices dans toutes les langues et m'amusais à comparer le nombre de mots, leur genre, leur place dans la phrase. Et ça m'amusait beaucoup. Quand je réalisais qu'on dit LE bateau et LA mer en français alors qu'on dit LA nave et IL mare en italien, je partais dans des élucubrations sans fin sur le sens des mots, leur histoire, leur représentation sociale, et je mettais un temps infini à finir mes phrases.
Quand j'étais petite je voulais toujours savoir "pourquoi". Et je questionnais sans arrêt. Et ça emmerdait tout le monde.
Quand j'étais petite je ne comprenais comment fonctionnaient les relations sociales. Je pensais naïvement qu'il suffisait de dire une chose pour qu'elle soit comprise. Je ne comprenais pas qu'il faille y mettre un enrobage d'expressions et de mimiques. Et, sans le vouloir, je pouvais me montrer blessante ou décalée dans mes propos.

Je ne suis plus une petite fille... Je suis une adulte, une mère, une soignante. Mais j'ai toujours les mêmes problèmes avec le boulet qui me sert de cerveau.
Les relations sociales restent un mystère pour moi. Je ne comprends pas pourquoi on ne peut pas tout simplement dire "je n'aime pas" sans blesser les gens. Je ne comprends pas pourquoi on ne peut pas se parler simplement. Je ne comprends pas qu'on ne cherche pas à comprendre. Je ne comprends pas pourquoi on ne peut pas exprimer ses besoins ou ses envies sans avoir à toujours se justifier. Je ne comprends pas les gens, tout simplement. Et ça me demande beaucoup d'efforts d'essayer toujours de les comprendre. Parce que je les trouve trop compliqués.
Et je suis fatiguée.